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Chapitre 4

Avant que Callisfea n’ait eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait, le dragon avait déjà atteint l’autre rive.

Il survole à présent des sommets enneigés. Soudain, il effectue un vol en piqué, en direction d’un gouffre sombre où il plonge sans hésitation.

Tout au fond, à travers la brume, émerge le toit d’une petite maison.

— Voici ta prison ! annonce la femme en noir, en sautant à terre. Tu vas rester ici jusqu’à ce que j’aie décidé de ton sort. Inutile de tenter de t’échapper : la Bestiole va te surveiller. La porte n’a pas de clé et je ne te mets pas de liens : il n’y en a pas besoin car même si tu sortais, tu ne pourrais pas aller bien loin. Comme je suis adorable, je te préviens : l’environnement est exécrable ! Tu ferais la rencontre désagréable de diverses formes de vie, animales, végétales ou même minérales, qui mettraient à ta fuite un point final ! Toute
tentative d’évasion te serait fatale !

Et précédant Callisfea dans la maison, elle se dirige vers la cheminée pour prendre le balai qui y était adossé. Elle l’enfourche et décolle dans un nuage de fumée !

Callisfea reste un moment pétrifiée puis s’écroule, terrifiée, épuisée.

Son esprit commence à formuler une idée, mais elle ne peut l’accepter. Cette femme livide sur son balai…, serait-elle celle dont on lui a tant parlé ? Celle qui n’existait alors que dans les histoires que sa grand-mère lui narrait ? La fameuse fée en colère devenue sorcière, qui, ne se sentant pas assez reconnue, avait quitté sa tribu ? Celle qui exigeait de recevoir des compliments, lorsqu’elle s’amusait à déchaîner les tempêtes et les éléments ?

Sa grand-mère lui avait raconté un jour cette légende à propos d’une fée courroucée qui serait partie s’installer dans une montagne, non loin de la leur ; cette vieille croyance que lorsque la température montait trop haut ou descendait trop bas, c’était encore une farce de la sorcière Pangerona !

— Ce cauchemar sera terminé dès que je serai réveillée…, se répète la fillette.

La nuit tombe à présent sur la maison. Callisfea, anéantie, observe sa prison. Entre ces quatre murs de pierres, elle fait un rapide inventaire de ce qui l’entoure : un lit, une table, une chaise, une cheminée, une armoire, des toiles d’araignée au plafond, et dehors…
le dragon !